Immobilier : le secteur du bâtiment est au ralenti

Les nouvelles constructions se font rares depuis quelques mois. Même si le nombre de permis de construire a commencé à augmenter vers la fin du troisième trimestre 2018, l’immobilier neuf n’est pas pour autant rassuré.

De janvier à mars, la France comptait seulement 100 600 autorisations de bâtiments. Cela nous fait un recul de 8,9% par rapport aux chiffres du premier trimestre 2018. Les mises en chantier ont, quant à elles, chuté de 7,8% avec 90 300 enregistrées durant cette période.

Selon le ministère du Logement,  le marché a redécollé depuis mars avec une légère hausse du nombre de nouvelles constructions mais la situation demeure peu rassurante pour les professionnels de l’immobilier neuf.

Un début d’année difficile pour l’immobilier neuf

Les chiffres fournis par le Service de la donnée et des études statistiques (SDES)  parlent d’eux même ! La France comptait près de 445 700 permis de construire entre avril 2018 et mars 2019, soit un recul de 8,2% par rapport aux 12 mois précédents. 410 700 mises en chantier ont été recensées au cours de la même période, soit une baisse de 5,2% en un an. À savoir que la dégradation de la nouvelle construction est de 7,9% chez les logements individuels par rapport à l’année dernière, dont 9,6% pour l’individuel pur et 3% pour l’individuel groupé.

Ces chiffres restent toutefois au-dessus de ceux de 2015 où la France recensait seulement 350 000 nouveaux bâtiments. Mais après les augmentations régulières en 2016 et 2017, il est tout à fait compréhensible que les investisseurs de l’immobilier s’alarment. En février 2019, ils ont alerté les autorités sur la politique du logement. Des associations humanitaires et quelques élus les ont rejoints pour cette manifestation.

Entre décembre 2018 et février 2019, 100 700 permis de construire ont été accordés, soit un recul de 12,5% par rapport à la même époque de l’année précédente. 105 000 chantiers ont démarré durant ces trois mois, ce qui équivaut à une chute de 11% par rapport aux 12 mois précédents. Ainsi, ce sont surtout les permis de construire qui ont chuté en peu de temps.

Février 2019 était le mois de plus difficile avec 15% de recul enregistré. Cette chute alarmante concernait les immeubles qui semblaient pourtant se porter mieux que les bâtiments individuels purs en décembre 2018 et en janvier 2019. Les chiffres se sont certes améliorés en mars 2019 mais rien de vraiment promettant. Les principaux concernés continuent de se faire entendre pour inciter le gouvernement à prendre les mesures nécessaires.

Le recul du marché immobilier français a commencé en 2018

La construction de nouveaux logements a commencé à ralentir depuis le début de l’année dernière. D’ailleurs, bon nombre d’experts ont annoncé que la tendance n’allait pas s’arranger en 2019. D’après le ministère de la Cohésion des Territoires, moins de 400 000 nouveaux chantiers ont été lancés en cours d’année, contre 460 500 en 2017.

Cette chute annuelle de 7,1% s’est accentuée vers le dernier trimestre 2018 avec une baisse de 18,%. Certains organismes spécialisés dans le l’immobilier n’ont pas hésité à pointé du doigt le mouvement des Gilets Jaunes. Mais d’autres facteurs ont incontestablement joué un rôle dans cette dégringolade soudaine. Dans tous les cas, cette mauvaise posture de l’immobilier neuf s’est poursuivie en début 2019.

Par ailleurs, il faut savoir que le dernier trimestre 2018 a été marqué par un taux plutôt conséquent d’annulation des chantiers qui était de 27,3% pour les immeubles et 11,4% pour les maisons indépendante. C’est toujours en comparaison avec 2017.

Qu’est-ce qu’il a causé ce repli ?

Comme il est déjà mentionné plus haut, le mouvement des Gilets Jaune ont, d’une manière ou d’une autre, participé à cette baisse de construction de nouveaux bâtiments, surtout pour les derniers mois 2018 et les premiers mois 2019. Mais il faut admettre que tout a commencé en début 2018. Il existe donc un autre paramètre non négligeable qui a fait chuter les nouvelles constructions. En effet, les aides au logement ont commencé à se faire rares depuis de 1er janvier 2018.

Le taux à zéro est devenu indisponible dans les zones périurbaines et rurales. De leur côté, les bâtiments neufs ne peuvent plus jouir de l’APL ou Aide Personnalisée au Logement. Cette dernière servait pourtant à réduire les mensualités d’emprunt des foyers les plus nécessiteux.

Les différentes associations de l’immobilier accusent le gouvernement d’utiliser le secteur du bâtiment neuf comme une variable d’ajustement. Selon elles, c’est la cause principale de ce retournement du marché. Les taux d’intérêts immobiliers étaient relativement bas depuis 2014, ce qui a permis l’essor des logements neufs à partir de cette année-là. Certes, le secteur a peiné à démarrer durant les deux premières années mais il était bien lancé à partir de 2016.

D’un autre côté, certaines entités ont dénoncé la timidité des élus à l’approche des élections municipales 2020. De toute évidence, c’est une affirmation qui s’est fait entendre car de nombreux élus les ont ensuite rejoints pour supporter leur cause auprès du gouvernement.

Le prix des logements neufs a-t-il augmenté ?

On pourrait croire que la « rareté » des nouveaux logements entrainerait une hausse au niveau des prix mais ce n’est pas tout à fait le cas. Selon le baromètre LPI-SeLoger, les coûts des maisons et des appartements neufs n’ont augmenté que de 2,3% en moyenne de décembre 2018 à février 2019, contre 3,2% pour la même période 2017-2018. En clair, la hausse est factuelle mais elle rencontre un véritable ralentissement.

En cause :

  • l’érosion du pouvoir d’achat ;
  • l’annulation des différentes aides publiques à l’accession à la propriété.

Les hausses de prix étant devenues rédhibitoires, les vendeurs ont dû les revoir depuis la fin de l’année. Il faut noter que les ventes de maisons individuelles neuves ont chuté de 15% au cours de 2018. Le ralentissement des augmentations des prix en 2019 ne semble pas porter ses fruits pour le moment car les ventes continuent à stagner.

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