Immobilier: l’avenir de l’Icade

Devenir le leader européen de l’immobilier santé, telle est l’ambition de l’Icade pour les prochaines années à venir. Le groupe compte étendre son parc hors de France d’autant plus que son actionnaire vient de confirmer son souhait  de le garder dans son portefeuille.

Un nouveau plan stratégique à horizon 2022

Leader de l’investissement dans les murs de cliniques privées en France, Icade constitue entre 2007 et 2017 un portefeuille de murs de 100 établissements de santé, soit un patrimoine de 4,0 Md€. « Aujourd’hui notre activité de santé, (qui) a été lancée il y a une dizaine d’années, est exclusivement française », a expliqué à l’AFP Olivier Wigniolle, directeur général du groupe.

D’ici cette date, Icade Santé compte détenir près d’un tiers du portefeuille d’immobilier de santé en dehors de la France. L’objectif final de la filiale est d’ouvrir une part de son capital aux divers investisseurs séparément du reste du groupe.

 

« C’est un développement sur la zone euro », donc hors du Royaume-Uni, « les trois pays principaux sont l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne », a détaillé M. Wigniolle, sans exclure d’autres endroits.

Le groupe compte aussi diversifier la nature de ses bâtiments de santé après avoir déjà acquis cette année pour près de 200 millions d’euros d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) en France.

Du côté de l’immobilier de bureaux, Icade se concentre en revanche sur la France: la foncière veut accentuer sa présence dans les principales zones du grand Paris, ainsi que dans les autres grandes villes.

Sur ce plan, elle tire déjà profit de l’acquisition, tout juste finalisée, d’ANF Immobilier, foncière de bureaux très présente dans les grandes villes régionales comme Lyon, Bordeaux et Toulouse.

L’annonce l’an dernier de ce rachat avait constitué l’une des opérations les plus emblématiques de la consolidation du secteur français, avec l’acquisition de la foncière Eurosic par sa concurrente Gecina.

« Communauté de vues »

Si Icade a renforcé son assise économique avec cette opération, le groupe a aussi gagné en visibilité au niveau de son actionnariat.

Au printemps, la Caisse des dépôts a prévenu que sa filiale n’était « pas à vendre » par la voix de son directeur général, Eric Lombard. Une annonce d’autant plus notable que celui-ci est peu loquace sur l’avenir du portefeuille de l’institution depuis sa nomination fin 2017.

La Caisse, qui finance notamment le logement social à partir de l’argent des Livrets A, a également marqué son territoire face au deuxième actionnaire d’Icade, Crédit Agricole. Ce dernier souhaitait être mieux représenté au conseil d’administration mais n’a pas obtenu gain de cause.

« L’investissement immobilier étant de moyen à long terme, je reconnais que, pour un management, avoir des investisseurs présents sur la durée est un plus », a commenté M. Wigniolle.

Il a mis l’accent sur la « communauté de vue » entre actionnaires, soulignant que le plan stratégique avait été approuvé à l’unanimité.

Pour l’heure, Icade peut afficher auprès de ses actionnaires des performances qui s’annoncent meilleures que prévu cette année: le groupe a relevé ses objectifs de rentabilité.

« On a une activité locative en bureaux qui est plus tonique que prévue », a souligné Olivier Wigniolle, mettant aussi l’accent sur la bonne santé du marché de la promotion immobilière.

Entre janvier et juin, le groupe signe par rapport au premier semestre 2017 une hausse de 4 % de son chiffre d’affaires à 782 millions d’euros.

Son bénéfice net, chiffre peu représentatif pour une foncière, chute de presque deux tiers à quelque 25 millions d’euros, mais son bénéfice récurrent, qui reflète mieux ses performances car il ne prend pas en compte les fluctuations de valeur des actifs, gagne près de 7 % à 156 millions.

En conséquence, Icade relève ses objectifs de « cash flow net courant » – indicateur proche du bénéfice récurrent mais prenant en compte les activités de promotion immobilière en plus du côté foncier – pour l’année, tablant sur une hausse de 6 % et non plus 5 %.

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